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 - 2 octobre 2022 - Les Saints Anges Gardiens
Date : mardi 14 mars 2006

 

Homélie

mardi, 2ème semaine de Carême.

« Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux » : ce verset est au « cœur » de notre liturgie comme de notre vie chrétienne. Un seul Père en qui s’enracine la fraternité universelle de tous les hommes : « vous êtes tous frères » ; un seul Père qui nous attend dans sa Demeure « dans les cieux », à laquelle conduit un unique chemin : « vous n’avez qu’un seul maître, le Christ ». La radicalité de la formulation de Jésus nous invite à ajouter sans forcer le sens : « tout le reste vient du Malin ». Car c’est bien lui qui depuis les Jardin d’Eden continue de nous faire miroiter la possibilité d’être à nous-mêmes notre propre origine - ce qui nous permet de nous passer de la paternité de Dieu - possédant en outre la connaissance du bien et du mal - ce qui rend inutile le recours à un quelconque « enseignant ». Bref : le rêve théurgique affiché explicitement par l’ésotérisme et l’occultisme contemporains, visant à acquérir l’omniscience et l’omnipotence divines, n’est pas d’aujourd’hui : il est même aussi vieux que le monde.
Il y a toujours eu des « vaines philosophies » qui sous prétexte d’une sagesse « supérieure », viennent contredire le message de salut ; mais ce qui caractérise notre époque est sans doute leur nombre et leur diversité. Les « gnoses » en tout genre ne se comptent plus, proposant leurs parcours initiatiques et leurs soi-disant doctrines secrètes à tout chercheur de sensations nouvelles. Mais loin de libérer ceux qui les écoutent, tous ces discours finissent par aliéner l’homme de sa Source, et par là-même, de le rendre étranger à lui-même. Un seul peut nous révéler notre identité profonde : « le Créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invisibles », que Jésus nous apprend à nommer « notre Père » à tous. Lui seul en effet présidait à notre origine, dans une action commune avec son Verbe éternel et l’Esprit Saint. C’est lui qui nous donne à chaque instant « le mouvement, l’être et la vie » (Ac 17,28), nous attirant à lui par des liens d’amour et de tendresse, afin que nous puissions accueillir la vie divine à laquelle dans sa sagesse, il nous a depuis toujours prédestinés.
Dès lors : ne nous laissons pas priver de notre liberté filiale en écoutant d’autres paroles que celles de Celui qui nous engendre à la vraie vie. Le seul autorisé à enseigner est le Christ, précisément parce qu’il est à la fois la Parole du Père et son exégète. Or celui qui est incontestablement « le plus grand parmi nous », nous révèle la logique du Royaume en se faisant « notre serviteur » : « Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé ». Ce verset conclusif apparaît comme une clé de discernement à la fois pour faire le tri parmi les propositions qui nous sont faites, et parmi les sentiments qui nous habitent. Tout ce qui tend à s’élever dans un mouvement de superbe, trahit l’homme ancien, séduit par le Serpent, cet animal terrestre qui se dresse en s’appuyant sur le tronc de l’arbre pour défier le ciel - c’est pourquoi le Démon est également représenté par un dragon ou serpent ailé, symbole de l’animal terrestre qui prétend s’élever jusqu’aux cieux. Alors que les chemins de Dieu se caractérisent par l’humilité, la discrétion, le service désintéressé.
Que la Vierge Marie, nous aide dans le dur labeur d’« humblification » qu’implique tout mouvement de vraie conversion, afin que nous puissions avec elle « exulter de joie en Dieu notre Sauveur », qui se laisse attirer par les humbles, et se penche avec tendresse sur ceux qui lui exposent leur faiblesse.

« Tu nous invites Seigneur à un dialogue informel - “Venez donc et discutons” - comme un Père bienveillant convoque ses enfants rebelles en vue d’une réconciliation : “Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront comme la neige ; s’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront blancs comme la neige” (1ère lect.). En échange tu ne nous demandes rien d’autre que de consentir à écouter la voix de ton Esprit qui nous murmure le droit et la justice au fond de notre conscience. Le “sacrifice d’action de grâce qui te rend gloire” (Ps 49), ce n’est pas “la chair des taureaux ni le sang des béliers”, mais l’offrande du vieil homme, consumé dans le feu de la charité fraternelle triomphant de nos égoïsmes. Car c’est ainsi que nous confesserons, non seulement par nos lèvres mais par toute notre vie, que tu es notre Père et que nous sommes tes enfants. »




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