25 juillet 2008 -
Saint Jacques le Majeur
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Contraception et amour au naturel
» L’Eglise et le Pape sont t-ils contre le préservatif ?
Questions EssentiellesL’Eglise et le Pape sont t-ils contre le préservatif ?N’est-ce pas criminel de désarmer les gens face au SIDA et en particulier les jeunes et en Afrique en s’y opposant ?
Encore une fois, l’Eglise n’a pas position « idéologique » sur le préservatif. Elle considère simplement que les moyens de contraception s’oppose à la logique d’amour voulue par Dieu dans les relations sexuelles et que la fidélité conjugale est le meilleur moyen pour lutter contre les maladies. Elle respecte les décisions politiques sur l’accès aux moyens de contraception, dans la mesure où ces derniers ne sont ni imposés par la force, ni promus abusivement pour encourager la débauche, ni dangereux pour ceux qui les utilisent. Même si ne nombreux journalistes le répètent à l’envie, le pape n’a jamais condamné ni même cité dans aucun de ses textes ou discours le préservatif. Les médias ont effectué une mise en valeur exagérée du sujet, qu’ils ont extrapolé du discours de l’Eglise sur la contraception. En Afrique comme ailleurs, les chrétiens sont appelés à prendre leurs responsabilités, ainsi que le rappelait, le 20 avril 1995, Mgr di Falco, alors porte-parole de la Conférence des évêques de France : " L’Eglise croit que la sexualité est belle, et fragile, et qu’elle est indissociable de l’amour." L’Eglise croit que l’on ne peut pas répondre aux questions justes et légitimes des hommes en général et des jeunes en particulier par des considérations uniquement médicales, voire vétérinaires. Alors c’est vrai, l’Eglise ne rejoint pas le discours hégémonique et assez simpliste du "Vas y mets une capote et fais ce que tu veux." Elle préfère appeler à la fidélité, pas d’abord comme moyen de combattre le SIDA mais avant tout comme moyen de trouver le bonheur en couple. Certains affirment que préservatif doit être utilisé comme un moindre mal et justifient leur affirmation en s’appuyant sur le 5ème commandement (« Tu ne tueras pas »). Cette question n’a pas encore été tranchée par le Magistère de l’Eglise. Disons simplement que pour que le préservatif soit autorisé comme un moindre mal, il faudrait réunir un certain nombre de conditions : 1- Que le préservatif soit un moyen vraiment efficace pour stopper la maladie. 2- Que la promotion de ce moyen de contraception n’engendre pas de conséquences plus graves (légitimation des comportements sexuels à risque et confusion morale) 3- Que les personnes qui pratiquent des comportements sexuels à risque ne puissent en aucune façon être amenées, par d’autres moyens, à contrôler leurs impulsions sexuelles. Si une seule de ces conditions n’est pas remplie, alors le préservatif ne pourra pas être justifié comme un moindre mal. Or, toutes les dernières études tendent à montrer qu’en fait, aucune de ces conditions n’est remplie. L’Evangile donne du sens à l’amour et à la sexualité. Que les éducateurs et personnels chrétiens de santé tiennent compte de l’épidémie du SIDA dans leur manière de participer à l’éducation sexuelle et recommandent l’utilisation du préservatif plutôt que de transmettre un virus mortel, c’est en effet normal. Cependant n’attendons tout de même pas d’eux - et à fortiori pas du pape - qu’ils définissent à partir du SIDA ce que doit être la sexualité humaine ! L’Eglise a bien autre chose à dire sur l’amour humain que de vanter les mérites du latex... Elle est plus utile à la société, y compris dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles, en éduquant à l’amour fidèle et à l’accueil de la vie qu’en prônant le sexe sans risque. |