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Questions Essentielles

L’euthanasie : n’est-ce pas le droit de mourir dans la dignité ?

Imaginons la situation d’une personne dans la phase finale d’une maladie grave. Elle est devenue dépendante, en est arrivée à un état insupportable de déchéance physique ou mentale. Sa « qualité de vie », dit-on, n’est plus honorable. N’a-t-elle pas le droit de mourir dans la dignité ? L’euthanasie ne permettrait-elle pas à son entourage de l’aider dans cette ultime épreuve ?

Il faut avant tout se méfier de l’expression « droit de mourir », parce que l’on reçoit la vie et qu’il ne nous appartient pas de nous l’enlever. C’est une fausse illusion que celle de se croire maître de la propre vie et de la propre mort. Qui peut rajouter une seule seconde à son existence ? Il ne nous appartient pas de décider le jour et l’heure fatidiques.

Il est cependant vrai que tout homme a le droit de mourir dans la dignité, c’est-à-dire le droit de vivre dignement sa mort. Les partisans de l’euthanasie ont d’une certaine façon « confisqué » cette vérité première et l’utilisent pour asseoir leurs revendications. Cependant ce n’est pas depuis le XXème siècle qu’on meurt dans la dignité !

Comment mourir dans la dignité ?
On peut mourir dans la dignité sans se donner la mort ou la réclamer d’une autre personne, même si on la souhaite au fond de soi et qu’on l’attend comme une délivrance. Chacun peut aussi aider son prochain à mourir dans la dignité sans lui infliger l’euthanasie, c’est-à-dire sans le tuer.

Qu’est-ce que la dignité, où commence-t-elle et où finit-elle ? Voilà la vraie question. Le culte actuel de la jeunesse, de la beauté physique, du succès et du plaisir réduit la dignité à la qualité de la vie, c’est-à-dire le confort, l’apparence physique et mentale de la personne. On oublie ainsi - que l’on soit croyant ou non - tout ce qui constitue la dignité morale et spirituelle de l’homme, sa capacité d’aimer et d’être aimé. On oublie qu’il est plus important d’être que d’avoir. Jean-Paul II l’a très bien expliqué dans son encyclique Evangelium Vitae (cf. « Ce que dit le Pape sur la qualité de vie »).

Perdre sa propre dignité ?Quand le langage quotidien nous fait dire d’une personne qu’elle a "perdu", "gardé" ou "retrouvé" sa dignité, nous nous référons inconsciemment à la dignité humaine dans son sens moral, c’est-à-dire la possibilité pour une personne de poser des actes libres. Cependant, l’homme est digne parce qu’il est homme, et non parce qu’il est capable d’agir librement : sinon, le petit enfant n’aurait aucune dignité !

Dans ce domaine, qui n’a pas un jour ou l’autre reçu une grande leçon en regardant ou en écoutant une personne âgée, handicapée, dépendante ou malade, atteinte dans sa dignité extérieure mais capable de joie, d’attention aux autres ? C’est là la grandeur de l’homme, sa dignité suprême : sa capacité d’amour malgré la souffrance et les atteintes à la dignité extérieure.

C’est cette dignité là, inhérente à la nature humaine qui fonde la dignité humaine "tout court", la dignité inconditionnelle de toute personne. Quand la possibilité de poser des actes libres est diminuée ou apparemment inexistante (aliénés, bébés, comateux...), les personnes n’en restent pas moins membres de la famille humaine et revêtues de cette dignité intrinsèque. Refuser cela, c’est militer contre l’homme et prendre un chemin dangereux qui peut mener très loin, comme le montre l’histoire.

Une dignité à la carte ?
Si la loi admet demain que chacun peut demander à mourir en fonction de l’appréciation qu’il a de sa propre dignité, elle reconnaîtra par là même que la dignité est une valeur relative. Le regard subjectif posé sur soi induira forcément le même regard subjectif sur autrui, dont on sera tenté de mesurer la dignité à la mesure de sa dignité apparente. Alors une spirale de violence commence, il n’y a plus de vrai respect et la porte est ouverte à toutes les dérives, comme on l’a tristement vu dans le siècle passé.

Ajoutons également que l’on entend parfois des personnes se révolter face à la situation de certains malades : « il souffre trop ! », « c’est intolérable ! », etc. En fait cette réaction cache souvent un malaise intérieur, une incapacité de regarder la souffrance humaine telle qu’elle est. Ce n’est plus le malade qui ne supporte pas la maladie, c’est le bien portant qui ne supporte pas la maladie du malade ! Peut-on légitimer l’euthanasie sur une telle réaction, naturelle mais dangereuse ? Il vaudrait mieux apprendre à écouter et à accompagner le malade dans sa souffrance : les professionnels des soins palliatifs assurent qu’un malade bien accompagné ne demande pas - ou plus - l’euthanasie.

En fait, le droit à mourir dans la dignité que chacun plus ou moins consciemment revendique, c’est plus exactement le droit de mourir dans l’amour, c’est-à-dire à n’être pas abandonné malgré les réelles diminutions physiques et mentales qui laissent intacte l’éminente capacité d’aimer et d’être aimé. Cette capacité n’est-elle pas le plus grand bien de l’homme ?



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