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 - 22 octobre 2017 - Ste Salomé
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Bernard Peyrous est prêtre et historien
Extrait de la revue Il est vivant

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Questions Essentielles

Le Vatican est-il riche ?

On affirme souvent que le Saint-Siège dispose d’une immense
fortune. Qu’en est-il vraiment ?

Avant 1870, le Saint-Siège touchait la
plus grosse part de ses revenus grâce
à son État en Italie centrale. Mais,
envahi par les Italiens qui dérobèrent le trésor
pontifical, le Saint-Siège, perdit ses revenus
et vécut des dons des fidèles du monde
entier jusqu’en 1929. Mussolini souhaitant
mettre fin au conflit entre l’Italie et le
Saint-Siège, soumit ce dernier aux accords
du Latran : le Saint-Siège renonçait aux territoires
annexés par l’Italie en 1870 contre
750 millions de lires de l’époque et des titres
de rente à 5 % sur un milliard de lires. C’est
l’origine de la fortune du Vatican. Cet argent
servit aux réparations ou constructions de
bâtiments à Rome, dons aux missions,
achats de terrains autour du Vatican. Le
reste fut placé.

L’argent placé semble avoir été longtemps
« sagement géré ». En 1982, le krach du
Banco Ambrosiano (une des banques les plus
estimées de la péninsule) fit perdre 241 millions
de dollars au Vatican. Jean Paul II décida
alors de manifester la transparence financière
de son État en en publiant le budget.
Ainsi nous en connaissons avec précision la
teneur. Il faut l’étudier à partir de 3 postes
différents :

Le premier est le Saint-Siège, qui en
2004 enregistre 205,6 millions d’euros de
recettes pour 202,6 millions d’euros de
dépenses. Celles-ci sont principalement
destinées aux 2663 personnes travaillant
au sein de la Curie romaine (dicastères et
organismes du Saint-Siège, 118 représentations
pontificales auprès des nations,
9 sièges auprès des organisations internationales).

Le second concerne le bilan de l’État de la
Cité du Vatican
qui, toujours en 2004, enregistre
lui aussi un résultat positif de 5,3 millions
d’euros. En 2003, il était en déficit de
8,8 millions d’euros et, en 2002, de 16 millions
d’euros. En 2004, il employait 1560 personnes
au sein notamment de Radio Vatican,
L’Osservatore Romano et la télévision CTV.

Enfin, le Denier de Saint-Pierre (dons effectués
par les diocèses) atteint 43 millions d’euros,
soit une baisse de 7,4 % par rapport à
2003. Ces fonds ont été destinés, sur volonté
du Pape, « à des interventions caritatives
visant à alléger les souffrances de populations
touchées par des catastrophes naturelles, à
soutenir des initiatives en faveur d’orphelins
victimes de conflits armés ou du sida ».
Remarquons que le budget du Vatican est
relativement faible. Il suffit de comparer
pour s’en convaincre. Il est par exemple
deux fois et demi-inférieur à celui du
Conseil général du Maine et Loire (497,
2 millions d’euros en 2005), et encore inférieur
au budget d’une ville comme Angers
(250, 27 millions d’euros en 2005). Le budget
du Saint-Siège est donc à peu près égal
à celui d’une ville moyenne française. Les
bâtiments pontificaux sont trompeurs ! On
se dit que le propriétaire de telles splendeurs
doit être riche. Las ! Ce n’est plus le
cas depuis longtemps...



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