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 - 12 décembre 2017 - Ste Jeanne de Chantal
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Questions Essentielles

Peut-on prouver l’existence de Dieu par la raison ?

Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, l’Eglise affirme que l’homme, guidé par la lumière naturelle de la raison, peut arriver à une certaine connaissance des vérités ultimes de l’existence. Ainsi, dans sa dernière Encyclique Fides et Ratio, la Pape Jean-Paul II exhortait les philosophes à ne pas succomber au pessimisme ambiant : « C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même » FIDES ET RATIO §1.

Entendons nous bien, il ne s’agit de prouver que Dieu existe à partir de la Bible. La Révélation n’est d’ailleurs pas objet de démonstration, mais de manifester que l’intelligence peut, toute seule, prouver l’existence d’une cause ultime de l’être, du mouvement et de la perfection de l’univers.

Est-ce une preuve scientifique ? Non, car pour cela, il faudrait parvenir à une « connaissance certaine par les causes ». Cela est bien sûr impossible, car Dieu est le seul être incréé, cause de Lui-même. Il y a cependant une autre façon d’obtenir une vérité, certes moins parfaite, mais tout aussi valide. Il s’agit d’une connaissance par l’effet. Cette démonstration ne peut pas parvenir à nous dire pourquoi la conclusion est vraie, mais elle peut néanmoins affirmer avec certitude qu’elle est vraie.

Ces preuves n’empiètent-elles pas sur la foi ? Non, car la foi ne consiste pas à croire en l’existence nécessaire d’un premier moteur, mais en une adhésion personnelle et pleine de confiance à toute la révélation achevée spécialement en Jésus Christ. Il ne s’agit pas d’une connaissance théorique mais d’un acte de totale soumission motivé par l’amour de Dieu et des vérités qu’il nous a révélés. En outre, la Bible ne dit nulle part que l’homme est incapable de découvrir, à la lumière de sa raison naturelle, une certaine connaissance de Dieu et de ses qualités. Au contraire, Saint Paul affirme « Depuis la Création du monde, nous pouvons contempler ses perfections invisibles avec notre intelligence dans les oeuvres qu’il a accompli, comme son éternelle puissance et divinité. » Rm 1.20

Parmi les plus fameux philosophes qui ont proposé des preuves de l’existence de Dieu, on peut citer Aristote, St Augustin, Boèce, St Anselme de Canterbury, Hugo de Saint Victor, Avicennes, Maïmonides, Guillaume d’Auvergne, Alexandre de Hales, St Bonaventure, St Albert le Grand, St Thomas d’Aquin, Duns Scott... et même Descartes !

Saint Thomas d’Aquin a résumé toutes les preuves de l’existence de Dieu en cinq grandes voies (Somme Théologique Ia pars, q. 2, a. 2 et 3). Toutes les autres preuves valides peuvent être réduites à l’une de ces voies. Contrairement à de nombreux autres philosophes, St Thomas semble n’accorder aucun crédit aux preuves qui procèdent à partir d’arguments « subjectifs » (ou psychologiques). Voici, d’une façon très résumée, l’argument central de chacune de ses preuves :

- Le simple fait que les choses (l’univers, le monde, tout ce qui contient de la matière) sont en mouvement, nous renvoit à la nécessité d’un « premier moteur », c’est-à-dire une première cause de mouvement. Pourquoi ? Parce que tout ce qui est mû, est mû par autre chose. Or, toute série de causes dépend nécessairement d’une première cause. Il y a donc nécessairement un premier moteur qui n’est pas mû.

- Rien ne peut être cause de soi-même, parce que pour l’être, il faudrait qu’il ait existé avant lui-même. Ce qui est absurde. Il faut donc remonter à l’infini les causes efficientes. Mais s’il n’y avait pas de première cause efficiente, il n’y aurait pas non plus de dernier effet et encore moins de causes efficientes intermédiaires. Or, on voit bien que dans la nature, il y a un ordre de causes efficientes. Il faut donc qu’il y ait aussi une première cause efficiente.

- Si on considère vrai que : Tous les êtres peuvent ne pas exister. Sachant que rien de ce qui peut ne pas exister ne peut durer éternellement, c’est-à-dire que tout ce qui peut ne pas exister, à un certain moment, n’existait pas. On doit en déduire que TOUS les êtres, à un certain moment, n’existaient pas. Mais s’ils n’existaient à un certain moment, alors il ne devrait rien exister maintenant ! Ce qui est absurde. Il faut donc que la première prémisse soit fausse : Il y a donc (au moins) un être dont l’existence est nécessaire.

- L’imparfait renvoit en effet toujours à quelque chose qui est plus parfait. Or, il y a des choses moins parfaites, moins vraies, moins bonnes - et qui ont donc moins d’être - que d’autres. Ces degrés de perfection impliquent nécessairement l’existence d’un « maximum ». Or, puisque ce qu’il y a de mieux dans un genre doit être la cause de tout ce qu’il y a dans le genre, (par exemple : ce qu’il y a de parfait dans la bonté doit être la cause de la bonté que l’on trouve dans toutes les choses). Il faut donc conclure qu’il doit y avoir quelque chose qui est cause des êtres et de toutes leurs perfections.

- Tout ce qui est ordonné vers une fin suppose un esprit. Or toutes les choses naturelles sont ordonnées vers une fin. Il doit donc il y avoir un esprit par lequel les être naturels sont ordonnées vers une fin.

Il est certain qu’on peut être un peu « déboussolé » par ce type de raisonnements quand on n’est pas habitué à l’argumentation philosophique. Cela signifie peut-être tout simplement qu’il faut habituer l’intelligence à manier des concepts qui ne sont pas mathématiques pour arriver à une intelligence philosophique et spirituelle.



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