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 - 28 avril 2024 - St Louis-Marie Grignon de Montfort
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Les « cinquante » propositions de l’assemblée synodale

La 22e congrégation générale des pères du synode a été l’occasion, samedi matin, de voter une à une les 50 propositions en latin adoptées après quelque 500 amendements : un texte « non officiel », « de travail » en italien a été publié (cf. Zenit éd. italienne). Il est question aussi bien des gestes liturgiques de l’assemblée - comme la génuflexion - que de la cohérence des législateurs catholiques avec leur foi et leur pratique eucharistique.

C’était la dernière congrégation générale de l’assemblée ouverte le 2 octobre par l’eucharistie solennelle présidée par Benoît XVI, et qui s’est conclue ce dimanche par la célébration eucharistique également présidée par Benoît XVI.

Le bulletin du synode précise : « La Liste Finale des Propositions de la Onzième Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques, dont le texte officiel est en latin et fait l’objet d’un vote personnel de la part des Pères Synodaux, est destinée au Souverain Pontife, auquel elle sera dûment remise. Ce texte par sa nature est réservé et ne sera pas publié afin de respecter le caractère consultatif de l’assise synodale. Ce texte a en effet un caractère de proposition. Par une décision bienveillante, le Saint-Père Benoît XVI concède en cette occasion qu’une version en langue italienne, provisoire et à caractère officieux et non officiel, au soin du Secrétariat Général du Synode des Évêques, soit publiée dans le Bulletin du Bureau de Presse du Saint-Siège ».

« À cet égard il est précisé, ajoute le bulletin, que les Propositions sont une étape dans le long processus du Synode qui conduit à l’éventuelle promulgation d’un document pontifical. Celui-ci n’épuise pas la richesse des contributions des Lineamenta, de l’Instrumentum Laboris, du Débat général dans la Salle, qui a débuté avec le Rapport avant le Débat général et s’est achevée avec le Rapport après le Débat général et le Message (Nuntius). Le travail des Carrefours a permis l’élaboration du consensus synodal, dans un climat d’intense communion épiscopale cum Petro et sub Petro à travers l’écoute réciproque, même dans l’immédiateté de la discussion spontanée ».

Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, a précisé d’emblée lors de laconférence de presse la décision du pape de laisser publier une traduction italienne des propositions : Benoît XVI a voulu cette plus grande « ouverture » du synode à la « communication », at-il précisé.

« Il précisait que « ces deux derniers jours - vendredi et samedi - ont été les plus productifs du synode, avec l’intégration de 500 amendements aux 50 propositions, en latin et en italien ».

Par ailleurs, Mgr Minenrath a précisé que le but du synode n’est pas « d’introduire des nouveautés doctrinales ou disciplinaires dans la vie de l’Eglise, mais de renouveler l’approche pastorale dans les différentes situations ».

Par exemple, sur le thème des catholiques divorcés et remariés, « il y a eu des discussions très approfondiées, très équilibrées, et il est clair que l’Eglise doit rester fidèle à ce qui lui a été confié, et ne peut pas disoposer de façon arbitraire des sacrements. Mais elle doit toujours approfondir sa façon de se faire proche des personnes, comprendre les situations de chacun. C’est là la nouveauté ».

A propos des catholiques mariés religieusement, puis divorcés et remariés, le message du synode dit : « Nous connaissons la tristesse de ceux qui n’ont pas accès à la communion sacramentelle à cause de leur situation familiale non conforme au commandement du Seigneur (cf. Mt 19,3-9). Certains divorcés remariés acceptent douloureusement de ne pas communier sacramentellement et l’offrent à Dieu. D’autres ne comprennent pas cette restriction et vivent une frustration intérieure. Bien que ne pouvant partager leur choix (cf. CCC 2384), nous réaffirmons qu’ils ne sont pas exclus de la vie de l’Église. Nous leur demandons de participer à la messe dominicale et de s’adonner assidûment à l’écoute de la Parole de Dieu, pour qu’elle nourrisse leur vie de foi, de charité et de conversion. Nous souhaitons leur dire combien nous sommes proches d’eux par la prière et la sollicitude pastorale. Ensemble demandons au Seigneur d’obéir fidèlement à sa volonté. »

Le cardinal Ouellet a souligné pour sa part la « nouveauté » dans la façon dont le pape a participé aux travaux. Il citait son intervention unifiant la conception de l’Eucharistie comme « banquet » et comme « sacrifice » : « Dans ce sens, il y a eu une nouveauté doctrinale dans le développement que le Saint Père a fait, en situant bien comment le Seigneur a fait son rite de la Cène et comment l’Eglise ensuite a précisé la nature de ce signe. Donc, le Saint Père a intégré comment la tradition fait partie de la constitution du mystère eucharistique : non seulement ce qui s’est passé lors de la Cène, mais ce qui s’est ensuite développé. Sa vision a été complète et a apporté vraiment un approfondissement ».

A une question sur la possibilité d’un synode avec les Eglises orthodoxes, Mgr Rino Fisichella, Recteur de l’université du Latran, a répondu : « Un synode avec des frères orthodoxes pourrait toujours être à l’horizon, mais il s’agirait de comprendre les contenus sur lesquels nous devrions discuter. Ce qui est ressorti du synode n’était pas une allusion à ce type de rencontre, mais une demande concernant un synode des catholiques qui prenne en considération cette thématique (de la relation avec les Orthodoxes, ndlr) ».

Parmi les propositions, notons la première concernant la demande d’un document final du pape Benoît XVI.

La 5e souligne l’unité entre les catholiques et les orthodoxes établie par l’Eucharistie, mais aussi un point de dialogue avec les communautés issues de la réforme.

La 9e évoque la question de l’Eucharistie et de la polygamie : « La nature du mariage exige, soulignent les pères du synode, que l’homme soit lié de façon définitive à une seule femme et réciproquement. Dans ce cadre, les polygames qui s’ouvrent à la foi chrétienne doivent être aidés à intégrer leur projet humain dans la nouveauté et la radicalité du message du Christ. Pour ce qui est des catéchumènes, le Christ les rejoint dans leur situation spécifique, et les appelle aux ruptures nécessaires à la commuion, qu’ils pourront un jour célébrer grâce aux différents sacrements, avant tout par l’Eucharistie. L’Eglise, en attendant les accompagne avec une pastorale pleine de douceur et de fermeté ».

La 10e invite les chrétiens, en l’absence de prêtre, à se rassembler le dimanche pour « louer le Seigneur » et pour « faire mémoire » du Jour qui lui est consacré, tout en évitant toute « confusion entre la célébraiton de la sainte Messe et l’assemblée dominicale en attente de prêtre ».

La 11e aborde la question des parties du monde manquant de prêtres : les pères du synode rappellent l’importance du « don inestimable du célibat ecclésiastique dans la pratique de l’Eglise latine », et l’idée d’ordonnner des hommes mariés a été écartée.

La 17e évoque la possibilité de la rédaction d’un « compendium » eucharistique pour « aider à développer la foi et la piété eucharistique ».

La 19e concerne les homélies, recommandant que l’homléie « place la Parole de Dieu proclamée lors de la célébration en étroite relation avec la célébration sacramentalle et avec la vie de la communauté, de façon à ce que la Parole de Dieu soit réellement soutien et vie de l’Eglise et qu’elle se transforme en aliment pour la prière et pour l’existence quotidienne ».

La proposition 23 souligne l’utilité d’examiner la place du « signe de paix » dans la célébraiton, en tenant compte de traditions anciennes.

La 24e souligne l’importance de mettre en valeur le lien entre Eucharistie et mission, peut-être par la rédaction d’autres formules de congé à la fin de la messe.

La 26e a le souci d’une plus grande participation des fidèles à la messe et suggère une « plus grande inculturation », et encourage les conférences épiscopales dans ce sens.

La proposition 34e souligne le lien entre la prière intérieure et la prière corporelle en recommandant les pratiques de la génuflexion et d’autres signes d’adoration devant le Saint-Sacrement, selon les cultures, mais aussi l’agenouillement à certains moments de la messe en signe de louange « au Seigneur présent dans l’Euchjaristie », et le silence au moment de l’action de grâces.

Pour ce qui concerne les rassemblements internationaux, pour mieux « exprimer l’unité et l’universalité de l’Eglise », la proposition 36 suggère l’emploi du latin - sauf les lectures, l’homélie et la prière des fidèles -, de même pour les prières traditionnelles de l’Eglise, sans oublier le chant grégorien.

Pour les catholiques mariés religieusement, divorcés (sans déclaration de nullité de mariage, ndlr) et remariés, par la proposition 40, « le synode des évêques rappelle l’importance d’une attitude et d’une action pastorale d’attention et d’accueil ». Il rappellent que « selon la tradition de l’Eglise catholique, ils ne peuvent être admis à la communion », mais qu’ils n’en font pas moins « partie de l’Eglise ».

« Le synode, continue le même paragraphe, souhaite que soient faits tous les efforts possibles pour assurer le caractère pastoral, la présence et l’activité correcte et active des tribunaux ecclésiastiques pour les causes de nullité de mariage, soit pour approfondir ultérieurement les éléments essentiels pour la validité du mariage, en tenant également compte des problèmes émergeant de la profonde transformation anthropologique de notre temps, dans laquelle les fidèles eux-mêmes risquent d’être conditionnés spécialement par manque d’une solide formation chrétienne ».

Pour ce qui est des personnalités politiques et des législateurs catholiques, la propistion 46 dit qu’ils sont appelés à « se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, droitement formée, à propos de la grave responsabilité sociale de présenter etde soutenir des lois iniques ». « Il n’y a pas de cohérence eucharistique lorsque l’on promeut des lois qui vont à l’encontre du bien intégral de l’homme, contre la justice et le droit naturel. On ne peut pas séparer l’option privée de celle qui est publique, en se mettant en opposition avec la loi de Dieu et l’enseignement de l’Eglise, et cela doit être considéré aussi face à la réalité eucharistique. En mettant en pratique cette orientation, que les évêques exercent les vertus de force et de prudence en tenant compte des situations locales concrètes ».



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